ZOMBIE ZOMBIE

«J’ai toujours envisagé les zombies comme une forme de révolution, avec une génération dévorant la suivante.»
George Romero

 

 

 

 


Création de la Cie Gérard Gérard,
écrite et interprétée par Nicolas Beduneau, Alexandre Moisescot & Claire Schumm,
d’après Ma Famille Normale contre les Zombies de Vincent Villeminot,
sous le regard complice de Jean-Baptiste Epiard, Jonn Toad et Françoua Garrigues,
et l’aide technique de Ivan Pommet & Johan Lescure.
Avec le soutien du LIT, de la Fête du Livre Vivant & de la Générale - Paris.

 

La Compagnie Gérard Gérard a déjà maintes fois joué les morts dans ses créations
aussi bien théâtrales que cinématographiques (Les Fantoches, Sans Déconner, Visions, La Maison des Morts...).
Les fantômes, les revenants, les morts-vivants, les morts-tout-court font partie de nos galeries de personnages.

C’est donc avec une certaine cohérence que nous finissions par nous pencher sur le cas très spécifique du zombie. Exploiter cette figure pour raconter nos histoires et « dire » le monde d’aujourd’hui et quelques unes de ses potentielles dérives. Ce qui est, jusqu’à une certaine époque - disons avant son succès mainstream - et en plus de l’intention de secouer quelques pulsions primaires, l’une des raisons d’être du Zombie.

Pour ce spectacle, tout commença par une commande du Festival du Livre (Mort) Vivant,
qui nous a permis de monter rapidement une adaptation de ce livre, comme une série de crash-tests,
une session de 5 dates d’essai dans des environnements différents : rue, théâtre, salle polyvalente, bibliothèque.

Nous ne nous Zattendions pas à ce que les spectateurs de ce festival Jeune Public se pressent à ce point à nos représentations.
Tout le monde voulait voir les Zombies, voulait voir ce spectacle pas gentil, un peu sale, au propos et à l’humour corrosifs.
Nous avons réfléchi plusieurs mois car il nous manquait une prise sur le monde actuel, une pertinence.

C’est pourquoi nous nous sommes Zaventurés dans une ré-écriture complète, axée sur la nomophobie et la peur de l’autre.
Pour regarder en face l’aliénation vers laquelle nous plongeons tous,
et secouer un peu ces jeunes qui acceptent si facilement de se laisser manger le cerveau et leur identité par «leurs» machines.

 

 

LE DOSSIER DU SPECTACLE : ICI


    Les zombies, les rôdeurs, les affamés, ces corps sans âmes en mouvement, sont entrés depuis un certains temps déjà dans un coin du mental de tous ceux qui sont, de près où de loin, atteints par la pop culture. Depuis leurs origines vaudoues (où il s’agit au départ de personnes coupables de méfaits, condamnées par la loi magico-religieuse de l’île d’Haïti aux travaux forcés, privées de conscience par le pouvoir d’une poudre mystérieuse, après avoir été mises en terre puis ressorties) aux apocalypses zombie (où ils deviennent la nouvelle espèce dominante) ils n’ont cessé de nourrir l’imaginaire populaire autant que l’underground. A un point tel qu’une agence gouvernementale américaine de santé et de sécurité a publié en 2011 une campagne de sensibilisation expliquant comment se comporter en cas d’invasion zombie. Et l’association « Zombi Squad », bien réelle,  continue de former les gens internationalement à la résistance et à la survie dans de telles situations.

    On trouve des traces de la notion de mort vivant dans certains écrits bibliques, comme celui de squelettes réanimés dans le livre d’Ezéchiel, ou dans la dépouille de Lazare que Jésus ramène à la vie. Plus tard, au Moyen Âge, se développa la mode d’un retour de morts-vivants avec le thème des danses macabres, faisant suite aux désastres des famines et des pestes.

    Le mot « Zombi » apparait pour la première fois en 1697 dans un roman français titré Le Zombi du Grand Pérou ou la Comtesse de Cocagne. Il est une dérivation du mot haïtien « Enzombi » signifiant la face cachée de dieu. Historiquement le mythe du zombi vaudou aurait été créé par les anciens esclaves de l’île devenus eux mêmes capable de créer des esclaves (pour punir et exploiter ceux qu’ils jugeaient infâmes).

    La création, dans le monde occidental, du phénomène remonte à 1928 avec la publication d’un ouvrage de William Seabrook, L’île Magique, explorant les thèmes de la magie vaudoue haïtienne. L’ouvrage fut adapté à Broadway en 1932 puis porté à l’écran sous le titre White Zombie, dans la foulée d’autres films fantastiques tels Dracula, Frankeinstein et Dr Jekyll, joués par Bela Lugosi, la vedette du genre à l’époque. Beaucoup d’autres films suivront, et bien qu’édulcoré, cette figure d’esclave représente le travailleur de base, corvéable à merci,  que le capitalisme rêve sans âme, sans conscience, sans pensée, sans syndicat, nécessaire aux rouages de la société. Le zombie  devient, sans le savoir,  le miroir déformant de la lutte sociale. Il est aussi  ceux que l’on oublie, les vieux, les prisonniers, les pauvres, ceux que l’on cache, ceux qui n’ont pas voix au chapitre, ceux à qui l’on ne demande pas leur avis : il est le mort social et la figure de l’oppressé.

 

 

DIFFUSION
Anne-Laure Mittard
STAY ARTY
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